Dans son livre Écriture : mémoires d’un métier, Stephen King nous raconte son parcours en tant qu’écrivain. Nous découvrons ses débuts difficiles, l’acharnement dont il a fait preuve ainsi que ses problèmes personnels et ses remises en questions. Ce livre est à la fois parsemé d’événements autobiographiques et bourré de conseils d’écriture. L’auteur à succès se livre à nous dans ce texte et veut nous enseigner son savoir par la même occasion.

Que l’on aime ou pas Stephen King, ce livre nous permet d’en apprendre beaucoup sur les épreuves que peut rencontrer un écrivain. Il présente également de bons conseils pour tous ceux qui désirent se lancer sérieusement dans l’écriture. Voici les dix meilleurs conseils pour écrire comme Stephen King.

1. Écrire tous les jours

Si vous voulez devenir écrivain, faites en sorte que l’écriture fasse entièrement partie de votre vie. Écrire doit devenir une habitude quotidienne. Il ne faut pas forcément écrire beaucoup pour commencer, mais il faut écrire régulièrement.

Fixez-vous un objectif quotidien. Stephen King essaie d’écrire 2000 mots par jour. Il recommande aux écrivains débutant de commencer par 1000 mots par jour et d’écrire six jours sur sept. Prendre un jour de repos une fois par semaine permet de souffler et pour beaucoup de réussir à tenir sur le long terme plus facilement.

De son côté, Stephen King a annoncé lors d’une interview qu’il écrivait tous les jours, sauf à Noël et le jour de son anniversaire. Il avoua ensuite dans son livre qu’il avait donné cette information pour paraître plus humain, mais qu’il écrivait en réalité tous les jours, sans exception. Stephen King a besoin d’écrire pour vivre, il ne peut pas s’en passer. Il ne passe pas un jour sans écrire car pour lui, vivre c’est écrire.

2. Écrire la porte fermée, réécrire la porte ouverte

L’écriture est un travail solitaire. Pour écrire efficacement, il faut être pleinement concentré et donc ne pas être interrompu. Aménagez-vous un coin isolé, calme et asseyez-vous à votre bureau en ayant pour seul but d’écrire. Éloignez les distractions (notamment votre smartphone). L’écriture est un travail intense et créatif, chaque interruption vous fera perdre votre élan et vous remettre dans le bain demandera du temps.

Dans un premier temps, écrivez juste pour vous. Vous mourrez peut-être d’envie de montrer vos écrits à vos proches ou bien de demander conseil, mais ce n’est pas encore le moment. Ne vous éloignez pas de votre tâche première qui est d’écrire. L’avis des lecteurs est important, mais il faut d’abord aller au bout du premier jet seul.

C’est lors de la ré-écriture qu’il est important de consulter ses lecteurs. Après vous être relu vous-même, faites lire votre manuscrit à vos proches en leur demandant d’être critique. Ils mettront en lumière des faiblesses que vous n’aurez pas remarqué, vous expliquerons ce qui n’est pas clair, ou au contraire ce qui fait la force de votre écrit. À part si vous ne voulez pas être lu, le point de vue des lecteurs doit être pris en compte. Il est parfois difficile de prendre du recul et de voir d’un point de vue extérieur son œuvre, donc demandez de l’aide.

3. Écrire pour son lecteur idéal

Stephen King écrit pour sa femme, Tabitha. Elle l’accompagne dans sa vie depuis l’université et a bon goût en littérature. C’est la première personne a lire ses écrits à chaque fois et elle lui fait des retours constructifs.

Tabitha est la lectrice idéale de Stephen King. En écrivant, il l’imagine en train de lire et en train de réagir à son histoire. C’est elle qu’il veut satisfaire à travers ses écrits.

Imaginer un lecteur idéal permet de garder à l’esprit que nos écrits sont faits pour être lus. Nous voulons provoquer des sensations chez le lecteur, lui faire ressentir des émotions. Garder cela à l’esprit en écrivant nous aide à rendre notre texte plus accessible au lecteur. Stephen King recommande même d’imaginer son lecteur en chair et en os dans la pièce pour se rappeler que c’est pour lui qu’on écrit.

4. Éviter la voix passive

Le livre de Stephen King est écrit pour sa femme. → voix passive

Stephen King écrit son livre pour sa femme. → voix active

La voix passive est ennuyeuse. Il y a toujours une manière de dire les mêmes choses avec la voix active, qui est bien plus dynamique. Selon l’écrivain, utiliser la voix passive, c’est céder à la facilité et manquer d’assurance.

5. Limiter les adverbes

« Les adverbes sont comme les pissenlits. Un seul et unique sur votre pelouse, c’est ravissant. Oubliez de l’arracher et, quelques jours plus tard, vous en aurez cinq, puis cinquante le lendemain et, mes chers frères et sœurs, votre pelouse sera totalement, complètement et superlativement recouverte de pissenlits. »

Stephen King

Les adverbes ne sont pas forcément à supprimer complètement de vos textes, mais il faut les utiliser seulement lorsqu’ils rendent votre message plus clair. Autrement, ils alourdissent votre texte et peuvent même vous éloigner de votre propos.

Stephen King explique que le contexte devrait suffire à ce que le lecteur visualise correctement la scène. S’il n’est pas indispensable en contribuant au sens de l’histoire, l’adverbe est de trop.

6. Soigner les paragraphes

Un texte est plus agréable à lire quand il est aéré. Vos paragraphes doivent donc être courts et ne présenter qu’une grande idée.

Voici la formule de Stephen King : la première phrase présente le sujet et les suivantes l’expliquent. Ensuite on passe au paragraphe suivant.

Un paragraphe a pour but d’être clair et pratique. L’écrivain doit donc filtrer et organiser sa pensée.

7. Dire la vérité

L’inspiration d’un écrivain ne sort pas de nulle part. Stephen King explique qu’en fait, il ne crée rien. Son inspiration vient de sa vie et de ses réflexions. Être créatif consiste donc à être attentif à ce qui se passe autour de soi, puis de le dire.

Il est possible d’inventer totalement ce que l’on écrit, mais cela doit rester minoritaire sinon le texte ne sera pas réaliste. Les lecteurs ont besoin d’avoir leurs repères pour être impactés par le texte. Ils s’intéressent à ce qui est réaliste, à la vérité.

8. Faire simple

La simplicité est la philosophie générale du livre. Mais Pour Stephen King, elle est encore plus importante pour le vocabulaire. Un vocabulaire simple est plus spontané et plus expressif qu’un vocabulaire complexe. Il faut choisir les mots les mieux appropriés, mais en général les plus simples seront plus percutants.

Utilisez les mots qui vous viennent à l’esprit lorsque vous écrivez. Vous pourrez plus facilement exprimer ce que vous voulez dire avec des mots que vous maîtrisez ben. Il n’y a pas besoin d’effort conscient pour améliorer son vocabulaire, cela vient avec le temps, en lisant et en écrivant.

9. Retirer tout ce qui est inutile

Lorsque vous réécrivez votre texte, supprimez tout ce qui n’est pas indispensable à la compréhension de l’histoire. Simplifiez votre façon de dire les choses, éliminez le superflu, supprimez des passages entiers qui n’apportent rien au récit. En étant sélectif, vous ne donnez que le meilleur au lecteur.

Lorsqu’il était jeune, Stephen King reçut une lettre de refus de la part d’un éditeur avec pour seule explication la formule :

Version 2 = version 1 – 10 %.

10. Se casser le cul

Stephen King est franc : le talent existe. Tout le monde ne peut pas devenir un génie comme Proust. Ce n’est même pas la peine d’essayer. Par contre, vous pouvez essayer de devenir un écrivain correct, voire même un bon écrivain. Et un bon écrivain mérite d’être publié. Mais vous n’y arriverez pas sans effort. Pour devenir un bon écrivain, vous devez vous casser le cul.

Dans un premier temps, vous devez lire. Lire beaucoup ! L’auteur explique que ce n’est pas la peine essayer de devenir écrivain, si vous ne prenez pas le temps de lire. Lui-même lit entre 70 et 80 livres par an.

Bien qu’il soit préférable d’écrire la porte fermée, vous pouvez lire partout. Prenez un livre avec vous, où vous alliez. Vous pouvez lire à vos heures perdues, dans les transports en commun, lors de vos pauses au travail, ou encore aux toilettes. Stephen King explique qu’il faut détruire sa télévision. C’est un gouffre à temps libre et donc l’ennemi n°1 des écrivains. De nos jours, je pense que les smartphones et les réseaux sociaux le sont encore plus. Prenez l’habitude de sortir un livre à la place de votre smartphone et vous trouverez le temps de lire.

Ensuite il faut écrire. Écrire beaucoup ! On en revient au conseil n°1 : écrivez quotidiennement. Il est impossible de bien faire sans effort. Au départ vos écrits ne seront pas terribles, mais si vous écrivez régulièrement, vous allez progresser rapidement. Plus vous écrirez, plus il vous sera facile de le faire et meilleurs seront vos écrits.

Stephen King a subi des échecs pendant des années, avant que son premier texte ne soit publié. Il avait un clou planté dans un mur de sa chambre avec lequel il accrochait les lettres de refus de la part des éditeurs. Un jour le clou est devenu trop petit et il a dû le remplacer par un plus grand.

Stephen King a utilisé ses échecs comme carburant. Chaque lettre de refus signifiait pour lui qu’il se rapprochait petit à petit du moment où on allait accepter son texte.

À chaque échec, deux chemins vont s’offrir à vous : abandonner ou persévérer. La plupart des gens vont abandonner après leur premier échec. Stephen King n’a pas choisi cette option. Il a essuyé un nombre impressionnant d’échecs en continuant d’écrire avec acharnement. C’est ce qui lui a permis un jour qu’on accepte enfin son manuscrit pour se faire publier. Mais cet événement ne l’a pas stoppé dans sa course et il continue encore à écrire avec autant de frénésie.

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